L'aide sociale: comment elle est vécue…
UNE QUESTION DE CHOIX? (Nouveau!)
La pauvreté n’a pas de pitié. Elle frappe n’importe qui, n’importe quand, et elle frappe dur. Sans s’y attendre, une personne peut perdre l’équilibre et se retrouver dans une situation qui la mènera éventuellement à l’aide sociale. C’est ainsi que ça arrive. Ce n’est pas une question de choix. Parce que, soyons honnête, qui choisirait de plein gré la pauvreté?
Pour illustrer cette réalité, voici trois histoires de vie de personnes assistées sociales.
D’abord, il y a Richard. Déclaré épileptique dans sa jeunesse, il a toujours su composer avec cette maladie, jusqu’au jour où son médecin lui a appris qu’il ne pourrait plus travailler à cause de ses crises.
Ensuite, il y a Robert. Après plusieurs tentatives de retour aux études, maints refus d’employeurs, quelques mois de travail au salaire minimum et l’apparition de maux de dos liés au stress, Robert se sentait vidé et son estime de lui-même en avait pris un coup. À bout de ressource, il s’est tourné vers l’aide sociale.
Finalement, il y a Monique. Décrocheuse à 18 ans, elle a arrêté l’école à cause de ses difficultés scolaires et de ce que cela lui faisait vivre. Elle a ensuite essayé d’entrer sur le marché du travail, sans succès. Après avoir complété son cinquième secondaire aux adultes, elle a finalement été déclarée inapte à l’emploi à cause de son arthrite.
Ces personnes n’ont pas choisi d’être à l’aide sociale. Par contre, chaque jour, elles choisissent de lutter pour leur survie et pour leurs droits. Elles choisissent de s’opposer à la société qui les étiquette et leur demande de se conformer aux exigences d’un système trop rigide. Elles luttent pour que les gens reconnaissent que l’aide sociale est un droit, que les personnes assistées sociales font partie de la société et ont le droit d’exister.
Aujourd’hui, Monique, Richard et Robert ont des rêves, de l’espoir. Ils espèrent que l’abolition des catégories à l’aide sociale se réalise, que les personnes assistées sociales se sentent intégrées dans la société et que le gouvernement ouvre les yeux. Ils espèrent qu’on arrête de se juger les uns les autres et qu’on continue de lutter. Envers et contre tous, ils continuent d’avancer.
Et ils vous invitent à venir lutter avec eux, parce qu’ils savent que c’est en unissant leurs forces qu’ils peuvent vaincre.
- Écrit par les membres du Comité Lutte de l’ADDS-QM
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LA DIGNITÉ
Je veux vous parler de ce que le mot Dignité veut dire pour moi. La dignité, pour moi, veut dire : Avoir le droit de pouvoir m’exprimer et faire valoir mes droits comme citoyenne, sentir que je fais partie à part entière de la société dans laquelle je vis, et que même si je suis à l’aide sociale, j’ai le droit au respect humain là où je suis rendue dans mon cheminement personnel. La dignité, c’est être reconnue pour les talents, qualités et défauts que je possède; être égale à part égale avec les autres personnes que je côtoie.
Il est important d’aller discuter avec nos cherEs dirigeantEs de nos mécontentements face à notre situation. Ça fait plusieurs années que nous revendiquons au gouvernement l’abolition des catégories à l’aide sociale. Cela veut dire que tout le monde ait le même chèque. Car nous avons tous et toutes les mêmes choses à payer: le logement, l’électricité, la nourriture, les vêtements et le transport. Pourquoi faire des catégories si nous avons tous les mêmes dépenses à faire? Je crois que nous devons nous unir touTEs ensemble pour dénoncer et dire que nous faisons touTEs partie de cette même société et que nous somme touTEs égaux.
Si tu veux discuter et dénoncer ce que tu vis en tant que personne assistée sociale, viens nous voir à l’ADDS!
- Monique (ADDS-QM, juin 2010)
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COMMENT JE ME CONSIDÈRE COMME UNE PERSONNE APTE
Bonjour, je me présente: Robert, j’ai 38 ans, on me considère comme une personne apte au travail. Présentement, je suis en congé de maladie pour une période indéterminée.
Parfois, je trouve ça difficile et déchirant, comment je vis. Je paye ma chambre, mon épicerie et il me reste quelques dizaines de dollars pour survivre.
Si aujourd’hui le gouvernement se réveillait, il verrait qu'il y aurait moins de gens pauvres, moins d’itinérants couchés dans les parcs.
Arrêtez de nous donner des étiquettes! Dans le passé, j’ai perdu beaucoup d’amis à cause des étiquettes. Mais là, je suis tanné de cela. J’ai fait beaucoup d’efforts sur le marché de l’emploi, des études... Et rien n’a fonctionné à mon goût. J’ai fait des études au niveau secondaire régulier et aux adultes, et j’ai commencé deux cours au professionnel que je n’ai pas été capable de terminer.
Oui, je suis tanné de porter des étiquettes, et j’essaie de faire comprendre aux gens de tous les milieux que je suis une personne à part entière avec mes limites, comme tout le monde a des limites. Mon rêve était depuis longtemps de travailler dans le domaine des communications. Je n’en ai jamais eu la chance.
Alors, je termine là-dessus. Si le gouvernement peut se réveiller et se rendre compte que nous avons tous et toutes les mêmes besoins de base, je pourrais vivre sainement.
- Robert R. (ADDS-QM, mars 2010)
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L'ANXIÉTÉ
C'est toujours avec beaucoup d'angoisse que j'appréhendais l'arrivée de la fameuse "enveloppe brune", surtout quand elle se pointait au milieu du mois. Et comme de fait, un jour, j'ai reçu une missive m'informant que je devais illico rembourser une somme de quelque 1000$, sinon, j'étais immédiatement coupé!
Après les excuses d'usage, il s'est avéré bien sûr que c'était une erreur du ministère: ladite "enveloppe brune" était destinée à un homonyme!! On imagine facilement les heures d'angoisse occasionnées par ce genre de méprise dans un système où des gens vulnérables sont considérés présumés coupables...
- Jean (ADDS-QM)
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LA DISCRIMINATION ET LES PRÉJUGÉS
(...) Il y a les gens que j'appelle les prédicateurs radiophoniques du néolibéralisme...
Les médias sont complices du système et du patronat.
Selon un certain public, dans la société québécoise, je suis une fainéante, une paresseuse, une profiteuse, une inculte, une irresponsable, une parasite. On ne me connaît même pas et on m'accuse, on me pointe du doigt, on voudrait m'écraser, m'enlever toute estime personnelle (...)
Ce que je trouve le plus dur, c'est qu n'y a pas d'emploi pour moi. Je suis rendue à 50 ans et on me dit trop vieille.
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