Réforme de l’aide sociale

« Rassemblement contre la réforme de l’aide sociale de Chantal Rouleau (PL-71) »

Québec, 26 septembre 2024 — L’association pour la défense des droits sociaux Québec métropolitain (ADDSQM) et ROSE du Nord ont organisé un rassemblement devant le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale cet après-midi pour dénoncer le projet de loi PL-71. À la lumière des prises de parole des principaux·ales concerné·e·s, le message est clair : la loi visant à améliorer l’accompagnement des personnes et à simplifier le régime d’assistance sociale proposé par la ministre Chantal Rouleau manque totalement la cible. Après près d’une année de retard et plusieurs mois de consultations, la réforme déposée le 11 septembre 2024 nie le problème fondamental de l’assistance sociale au Québec : le manque de revenu des personnes assistées sociales. Rien n’est prévu pour augmenter le revenu des personnes exclues du marché du travail. Pour rappel, une personne assistée sociale sans contrainte reconnue par le ministère a un revenu de 11 245 $ par année. Le gouvernement calcule lui-même la couverture des besoins de base avec l’indice du panier de consommation qui est fixé à 24 200 $. On comprend tout de suite l’incohérence du gouvernement qui affirme qu’une personne sur l’aide sociale peut couvrir ses besoins. De plus, l’Institut de recherche socioéconomique (IRIS) parle plutôt d’un revenu viable, fixé à 35 395 $ pour la région de Québec.

Des militant·e·s assisté·e·s sociaux·ales, des citoyen·ne·s et plusieurs groupes communautaires alliés de partout à travers la province étaient présent·e·s à l’événement. Les groupes, qui défendent les droits des personnes assistées sociales de la région de Québec, dénoncent notamment les reculs face aux contraintes temporaires à l’emploi et la nouvelle notion de « contrainte de santé » qui remplaceront les contraintes à l’emploi actuelles. « Nous sommes inquiets par rapport à ces changements qui pourraient représenter un recul majeur pour plusieurs personnes assistées sociales, notamment ceux et celles qui ont plus de 58 ans et les femmes hébergées en ressources pour lesvictimes de violences. Nous nous expliquons mal ces choix », explique Fanny Cantin militante à ROSE du Nord.

La ministre promet un système moins punitif, basé sur l’accompagnement. Nous ne sommes pas convaincu·e·s. « Chaque jour, dans nos groupes, nous sommes confronté·e·s à des personnes aux prises avec des dettes envers le ministère pour de supposées fausses déclarations ou encore des personnes incapables de faire reconnaître leurs contraintes à l’emploi. Nous ne croyons pas que les maigres mesures présentées dans le projet de loi permettront un changement de paradigme » s’inquiète Laurent Lévesques militant à l’ADDSQM. Cette réforme manque clairement d’ambition et n’ajoute presque aucun montant aux programmes d’aide sociale. Après des mois de consultation qui ont augmenté les attentes des personnes les plus pauvres au Québec, on comprend que le gouvernement ne voit pas la lutte à la pauvreté comme une priorité.

Association pour la défense des droits sociaux Québec Métropolitain (ADDSQM)

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